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LES MARCHES SE PAIENT NOTRE DETTE !

Le peuple grec est depuis des mois dans la tourmente : Sommé par la troika (BCE, FMI et UE) [1], d’adopter sans délai un terrible plan de rigueur afin d’éponger la dette abyssale du pays, le gouvernement hellène présente la facture aux salariés de son pays :

Réduction drastique des budgets publics Saignée des emplois publics, Baisse des salaires des fonctionnaires, Diminution du montant des pensions, Augmentation de la TVA...

Bref, tout un arsenal de mesures antisociales contre lequel des mobilisations de très grande ampleur ont eu lieu sans parvenir, pour le moment, à les mettre en échec faute de perspective politique alternative aux choix actuels .

A des degrés divers, le Portugal, l’Espagne et l’Italie sont également dans le collimateur des marchés (doux euphémisme pour désigner les spéculateurs de tout poil !). La Grande Bretagne a vu récemment se lever le vent de la colère en réponse à la rigueur programmée par son gouvernement

Un nouveau cap vient d’être franchi, place à la crise des dettes publiques, et la France n’est malheureusement pas épargnée : Certes, notre pays n’en est pas encore à la situation grecque mais qui peut prédire l’avenir avec certitude ?

D’autant qu’en continuant à appliquer les mêmes « remèdes », à savoir, une baisse de la dépense, on risque fort de tuer le malade et de présenter ces reculs de civilisation comme inéluctables .

Le gouvernement FILLON vient ainsi d’annoncer un plan d’économies de près de 11 Milliards sur 2 ans ( 2011/2012). Mais que chacun se rassure au nom de l’équité , les efforts seront demandés à tous : 200 millions, à titre exceptionnel, pour les plus fortunés de nos compatriotes et .... 1,1 milliard prélevé sur l’ensemble de la population à travers notamment les complémentaires santé renforçant ainsi l’inégal accès, voire le renoncement, aux soins de franges importantes de la population.

Bel exemple de solidarité ! Mais avait-on la possibilité de faire autrement ? Rappelons quelques vérités d’évidence jamais évoquées par les médias :

 L’endettement n’est pas un problème en soi, seule son utilité doit être questionnée. Il faut s’affranchir de cette logique manichéenne qui érige l’austérité budgétaire en vertu et condamne toute forme de déficit. Il peut être au service du développement humain en finançant des besoins sociaux comme l’éducation et la santé, ou permettre d’investir dans la recherche fondamentale, les infrastructures et les énergies renouvelables nécessaires à l’essor d’une croissance respectueuse de l’humain et de son environnement .

 A contrario s’il compense le déficit public par des réductions d’impôts et des cotisations sociales à l’intention de quelques nantis, il instaure un cercle vicieux que les « Economistes Atterrés » [2] ont qualifié d’effet jackpot : « avec l’argent économisé sur leurs impôts les riches rachètent de la dette publique (porteuse d’intérêts) émise pour financer les déficits publics provoqués par des réductions d’impôts » ce qui alimente la financiarisation de l’économie réelle !

 Une oligarchie financière parasitaire s’enrichit par le biais de la dette sur le dos de la majorité de nos concitoyens plutôt donc que de réduire sans arrêt les dépenses utiles qui en retour vont plomber la croissance et accroître mécaniquement la dette.

la CGT propose à contrario d’augmenter les recettes par le biais de 2 leviers .

1.Une réforme de la fiscalité :

- En réexaminant l’ensemble des niches fiscales (augmentation de 142% depuis 2004), voir celles qui sont utiles socialement et celles qui ne favorisent que la rente.
 En revoyant les taux d’imposition notamment des plus aisés (pour mémoire , le taux le plus élevé était de 65% en 81 contre 41% aujourd’hui).
 Un même travail d’examen critique devra être effectué s’agissant de la fiscalité de l’épargne et du capital ainsi que des entreprises.

2. Une augmentation générale des salaires :

La CGT se prononce pour :
 une revalorisation des minima sociaux
 un SMIC à 1700 € bruts / mois et
 une refonte complète de la grille de la Fonction Publique

Article publié le 17 octobre 2011.


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